L’amour aux temps du choléra – Gabriel Garcia-Marquez

l-amour-aux-temps-du-cholera_couvGabriel Garcia-Marquez est mort le 17 avril dernier. Prix Nobel de littérature en 1982, il  fait partie des très grands écrivains sud-américains, et même mondiaux. Qui a lu Cent ans de solitude ne peut pas complètement oublier ce roman fleuve qui raconte l’histoire d’une famille sur six générations dans un lieu imaginaire en Colombie, le pays natal de l’auteur. Personnellement, je me rappelle le grand choc reçu à sa lecture, tant par les thèmes, les personnages et l’incroyable écriture qui m’a semblé dépasser tout ce que j’avais lu auparavant.

C’est donc avec un appétit mêlé d’une certaine prudence que j’ai ouvert L’amour aux temps du choléra, l’un des autres romans phares de Garcia-Marquez.

Et bien non, je n’ai pas du tout été déçu après avoir refermé ce livre qui est vraiment un livre sur l’amour. Mais pas question d’y trouver un quelconque roman à l’eau de rose. Garcia-Marquez évoque l’amour sur toutes ses formes, que ce soit l’amour romantique et malheureux, l’amour conjugal au long cours et donc raisonnable (« N’oublie jamais que, dans un bon couple, le plus important n’est pas le bonheur mais la stabilité.»), l’amour empreint de frénésie sexuelle, l’amour entre personnes âgées… Il en dépeint tous les aspects, que ce soit la vie quotidienne, les habitudes, la lassitude, mais aussi, l’exaltation de la rencontre, celle des sens et du sexe, le drame d’être rejeté par l’être aimé ou la déception d’être éconduit par l’être convoité !

Tout aussi intéressants que puissent être ces thèmes, ce livre ne serait pas grand-chose sans le talent de conteur de Garcia-Marquez. D’abord son humour, toujours sous-jacent : la première partie, pourtant tragique (il s’agit de la mort d’un des principaux personnages du roman) est d’une drôlerie invraisemblable. Ensuite, les descriptions font rentrer ce qui n’est souvent que le décor du roman, dans la trame romanesque elle-même : en fin de livre, la descente d’un fleuve est une totale réussite. Les lieux existent avec leurs odeurs, nauséabondes ou idylliques, avec leurs bruits étouffés sous les volets fermés ou stridents des rues et des ports, avec le choléra qui surgit parfois. Les multiples intrigues sont narrées d’une plume colorée, sortes de scènes de théâtre d’une vibrante humanité, d’une puissante sensualité. Les personnages sont aussi décrits avec une lucide truculence ; étonnamment, ils sont tous plus ou moins attachants, il n’y a pas de manichéisme dans ce Gabriel Garcia Marquezlivre, même si la réalité sociale est décrite sans complaisance.

Et c’est aussi un décapant livre sur l’âge, les différents âges de la vie, du temps qui passe, la vieillesse. Et la mort… « Car ils avaient vécu ensemble assez de temps pour comprendre que l’amour est l’amour, en tout temps et en tout lieu, et qu’il est d’autant plus intense qu’il s’approche de la mort. »

A lire, pour toutes ces raisons et pour bien d’autres, celles que vous ne manquerez pas de trouver.

(447)

Ce contenu a été publié dans Lectures, Roman, avec comme mot(s)-clé(s) , , . Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

Les commentaires sont fermés.